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Lettre d'information

La revue  "Célébrer"

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Célébrer est la revue de tous ceux qui s’intéressent à la pastorale liturgique et sacramentelle (PLS), qu’ils soient prêtres, diacres, laïcs ou religieux, qu’ils soient engagés dans des équipes liturgiques, des équipes de préparation au baptême ou au mariage, des équipes d’accompagnement des familles en deuil, ou dans des groupes qui ont à gérer des propositions liturgiques et sacramentelles (aumôneries, ...). Ce magazine de la liturgie et des sacrements est une revue du Service national de pastorale liturgique et sacramentelle (SNPLS), publiée aux éditions du Cerf (www.editionsducerf.fr)

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Célébrer / Cerf Abonnements
18 - 24, Quai de la Marne
75164 Paris Cedex 19
Tél : 01 44 84 39 68
Fax : 01 42 00 56 92

Sommaire

Notes de pastorale liturgiques Célébrer le mariage

S’ouvrir à la prière Célébrer les funérailles

Prières hors célébration des funérailles / Michèle Tondeur

Musique liturgique

Chants et musique dans les célébrations de mariage / Emmanuel Bellanger

Art sacré

La paramentique, notion et sens liturgique (1/2) / Maud Cassanet Fleurir en liturgie

Le chant des fleurs / Christiane Chaylard et Marie-Nathanaël Gagelin Dossier

Faire mémoire Monique Brulin, Claude Tassin, Louis-Marie Chauvet, Jean Philibert, Denis Villepelet Cahier des dimanches de 2010 par Marguerite Audibert 27 22 août 2010, 21e dimanche du Temps ordinaire – C 29 août 2010, 22e dimanche du Temps ordinaire – C 5 septembre 2010, 23e dimanche du Temps ordinaire – C 12 septembre 2010, 24e dimanche du Temps ordinaire – C 19 septembre 2010, 25e dimanche du Temps ordinaire – C 26 septembre 2010, 26e dimanche du Temps ordinaire – C 3 octobre 2010, 27e dimanche du Temps ordinaire – C 10 octobre 2010, 28e dimanche du Temps ordinaire - C

Magazine

Éditorial « Faites ceci en mémoire de moi » / SNPLS

Tables de Célébrer Du n°369 au n°377 Vie de l’Église Le cinquantenaire des stages d’orgue liturgique / Emmanuel Bellanger Vie des diocèses Les célébrations communautaires des baptêmes des petits enfants / diocèse d’Orléans Célébration diocésaine du sacrement de réconciliation / Paul Pouplin Notes de lecture Les funérailles aujourd’hui, de Christian Pian et Laurent Villemin / Marguerite Audibert Informations

Edito : Faire mémoire

« Faites ceci en mémoire de moi… »

« J’ai besoin de mes souvenirs, ils sont mes documents […] La mémoire ne vaut rien si on la sollicite, il faut attendre qu’elle nous assaille », confiait Louise Bourgeois, artiste new-yorkaise, en évoquant les moments douloureux de son enfance et de son adolescence. N’est-ce pas aussi l’expérience du narrateur dans À la recherche du temps perdu (M. Proust), lorsqu’il mange sa fameuse madeleine ?! Sous l’effet de la gorgée de thé mêlée des miettes de ce gâteau qui touche son palais, sa mémoire « l’assaille » et déclenche un souvenir merveilleux. Cette expérience, vécue au détour d’un fait en apparence anodin, lui révèle alors ceci : « Quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des autres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »

N’en va-t-il pas ainsi dans nos mémoires qui oscillent souvent entre souvenir et oubli, pour constituer peu à peu le récit de nos identités personnelles et collectives ? Il y a là, en effet, une expérience humaine et spirituelle si forte qu’elle justifiait qu’un numéro de Célébrer y soit consacré. Pourtant, l’expression « faire mémoire » semblerait contredire ces deux expériences artistique et littéraire, pour désigner une action plus volontaire et, somme toute, plus intellectuelle. En réalité, nous le savons bien, « faire mémoire » n’est pas d’abord et seulement un acte de l’esprit ou de la raison. Le poète, à l’instar de Marie, ne nous invite-t-il pas à laisser le cœur parler en premier : « Chante ô ma mémoire, chante ô mon cœur, la gloire du Seigneur ! » ? Et quand Dieu se souvient, c’est parce qu’il est assailli « jusqu’aux entrailles » par la mémoire de son peuple : « Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas… » (Is 49,14-15) De même, si nous en appelons ici, régulièrement, à un art de célébrer qui touche réellement tous nos sens, ce n’est pas par esthétisme, mais c’est bien pour que se construise aussi, en chaque fidèle du Christ « l’édifice immense » des merveilles du Seigneur ; c’est pour qu’il prenne chair en la mémoire de son corps qui est l’Église ; c’est pour permettre à chacun, au réveil de ses sens, d’être « assailli » par les vestigia Trinitatis (saint Augustin) et de pouvoir s’écrier : « Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! » (Ps 33, 9) Mais ces « vestiges de la Trinité » que notre mémoire a recueillis ne peuvent nous « assaillir » pour renouveler notre foi, que si nous avons peu à peu ancré en nous une expérience de la célébration des mystères du salut qui soit véritablement une fête pour tous nos sens et nous donne envie, sans avoir crainte de la répétition de la liturgie, d’exhorter sans cesse : « Tenons en éveil la mémoire du Seigneur, gardons au cœur le souvenir de ses merveilles ! » Le mémorial eucharistique de la Pâque du Christ mort et ressuscité pour nous, qui est au cœur de notre existence chrétienne, et sur lequel repose l’espérance certaine de notre vie éternelle, peut-il exiger moins ? Ce n’est qu’en répondant ainsi à l’appel du Seigneur, « faites ceci en mémoire moi », que nous pouvons alors chanter en vérité, chaque fois que nous célébrons : « En mémoire de Toi, nous revenons d’exil. En mémoire de Toi, nous marchons sur la mer ! » 

SNPLS